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Au milieu des surveillants du foot
LE BEERSCHOT, club phare d'Anvers, met le paquet pour redorer son blason. Et que les matchs redeviennent une fëte.
Les stades belges sont moins gangrenés par le racisme que les italiens, les espagnols ou les clubs d'Outremanche. Mais ils ne sont pas épargnés. Quelques clubs de première division, plus concernés par les comportements discriminatoires et provocateurs de certains de leurs supporters, ont décidé de tacler l'intolérance. Comme le Germinal Beerschot Anvers, dont les partisans ont une réputation sulfureuse. Leur répertoire, illimité, est peu subtil, comme s'en souvient le public du Mambour, le mois dernier, quand le kop carolo s'est généreusement fait qualifier de "Wallons pédophiles".
Vendredi dernier, le GBA afrontait le Standard. Un match classé à hauts risques. D'abord par l'enjeu pour des deux formations de haut de classement, ensuite par le sang très chaud des partisans des deux clubs.
Lors du dernier championnat, de sérieux incidents avaient entaché la même affice. L'international sénégalais des "Rouches", Mohamed Sarr, avait été la cible des quolibets racistes des supporters anversois. Au coup de sifflet final, le joueur du Standard les avait gratifiés d'applaudissements ironiques. Le gardien local Luciano et son équipier Losada s'étaient rués sur le défenseur central du Standard, provoquant une bousculade monstre sur le terrain et mettant le feu aux gradins. Un coup dur pour l'image du GBA, au moment où la campagne Ne faites pas le singe dans les stades. Dites non au racisme, lancée par le centre pour l'égalité des chances et la lutte le racisme, battait son plein.
Depuis cet incident, le GBA a mis les bouchées doubles. Sous la houlette d'une de ses anciennes perles noires, devenu voici dix-huit mois responsable du projet "Germinal Beerschot Downtown", il se profile aujourd'hui, avec le Club Brugeois, comme un des stades pilotes en matière de lutte contre les comportements racistes.
Le Kiel est un quartier pauvre de la Métropole, où les allochtones, essentiellement turcs et marocains, ont trouvé refuge.
Comme le bourgemestre SP.A. Patrick Janssens, Filip Dewinter, leader anversois du Vlaams Belang, a un abonnement au GBA. Vendredi soir, il a suive le match depuis un business seat. Même si personne n'établit un lien entre la puissante extrême droite de la Métropole et des hooligans du noyau dur des "Ratten", comme au PSG parisien ou à la Lazio de Rome, le racisme y est présent. Antijuif au Beerschot, anti-arabe chez le club rival de l'Antwerp. Ou antiwallon, selon l'adversaire du jour.
Il a fallu toute la pugnacité de Paul Beloy pour restaurer l'image du club. Et du courage : l'opération est coûteuse et pas du goût des supporters dont le comportement est stigmatisé, de l'injure raciste au jet de banane.
Lors de ce match contre le Standard, à guichets fermés, Paul Beloy nous invite à juger sur pièces de l'arsenal de mesures mises en place pour contrer les comportements provocateurs et responsabiliser tous les acteurs : 98 stewards anversois, 22 liégeois, dont une partie est en contact direct avec Steven Van Beethoven, responsable de la sécurité; une dizaine de caméras quadrillant le stade; un hélico surveillant le trajet des 18 bus des supporters du Standard en route vers le Kiel; 175 policiers en uniforme comme en civil.
Dès l'entame du match, des dizaines de papiers brillants bleus et blancs s'agitent derrière un drapeau argentin géant, en l'honneur de Losada, la star locale. L'arbitre Jérôme Nzoloest africain. Sur le terrain, le brassage de couleurs est à l'image de la société. Multiculturelle.
"Moi, j'étais un des premiers joueurs africains à évoluer en Belgique. Une sorte de curiosité locale, sourit Paul Beloy. Je travaille comme coordinateur dans une école du quartier : sur les 580 élèves, on ne recense que 10 Belges de souche", explique-t-il, saluant un jeune employé au stade au service. "Un enfant du quartier. Le GBA d&veloppe une série d'actions pour les intégrer à nos activités et leur permettre d'assister gratuitement aux matches.". Dans le stade, les panneaux publicitaires cèdent la place à des messages bilingues : "Ik ben supporter. J'encourage mon équipe. Je supporte l'adversaire".
Au quart d'heure, le Serbe Jovanovic déflore la marque pour le Standard. Les supporters des "Rats" s'énervent. Et scandent "Kosovo, Kosovo; Kosovo" à l"adresse du joueur. Paul Beloy se crispe. Mais le match se termine sans incident. Les stewards respirent. (Dirk VANOVERBEKE)
Bron : Le Soir - 18.03.2008
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